Le magazine COncordance, sur le handicap

Quelques réflexions sur le magazine   « Concordances»     1. La crainte d’un ghetto de plus Notre projet est de changer de regard sur le handicap. Il ne peut être seulement question de changer le regard des valides sur les handicapés ou le regard des handicapés sur eux-mêmes, même si ce dernier aspect est certainement important : - fierté de soi - volonté de vivre - volonté de vivre avec les autres - s’envisager dans le temps - etc… autant d’exemples dans lesquels le regard sur soi peut évoluer. Il reste que nous voulons aussi faire évoluer le regard des valides sur le handicap et les handicapés. Nous avons donc voulu que le magazine ne soit pas un espace télévisuel pour les handicapés, mais bien un magazine tous publics, autour du handicap.   Il est clair que même si les objectifs d’audience doivent demeurer raisonnable, le magazine doit donner à voir à tous. 

Dans une autre hypothèse, notre magazine courrait le risque d’être, pour les handicapés, un ghetto de plus.     2. A propos a vérité  Il apparaît qu’une réflexion sur le rapport à la vérité dans toutes ses dimensions et toute son apprêté est essentielle et qu’elle porte, en elle, le succès ou l’échec de notre entreprise. Pour autant, sa difficulté ne réside pas que dans ses enjeux. Il est difficile de concevoir un magazine dont l’identité tient à ce qui fait l’altérité de certains et de vouloir capter l’attention de tous. Certes, autour des handicapés, il y a leurs familles, leurs amis, leurs associations et les professionnels qui les accompagnent -- et cela constitue déjà un premier public -, mais ce public-là n’est pas, a priori, celui dont on veut faire changer le regard.   Il me semble que la recherche de l’audience auprès des valides peut s’ouvrir plusieurs pistes  dont la première piste tient au questionnement général des valides par rapport au handicap et aux handicapés, même si ce questionnement s’accompagne souvent d’un recul et parfois d’un comportement d’exclusion. Nous sommes, dans un premier temps, retenus sur cette voie par un refus du voyeurisme. C’est un sentiment louable, mais qui doit plus inspirer la forme que le fond, le style que le contenu. Dorine Bourneton en faisait la réflexion, les handicapés parlent très facilement d’eux-mêmes, entre eux, mais aussi avec les valides et le magazine doit absolument, lui-aussi, se donner le courage de déchirer le voile qui fait que tout est dit quand on a dit « handicapés », alors que rien n’est su, rien n’est compris. Le handicap est une réalité humaine comme les autres. Elle peut être regardée, sans voyeurisme, dévoilée sans exhibitionnisme et expliquer sans commisération, dans un véritable partage.   3. Le handicap appelle au débat philosophique C’est là que s’impose à nous la conviction que le magazine « Concordances », par son existence même, crée un immense appelle d’air pour un discours « philosophique » au sens plein du terme -- et non au sens élitiste - : « Amour de la vie ». Comprendre, se comprendre. Le handicap pose à chacun de nous la question de ses limites :   Première limite, celle que nos capacités nous imposent : à côté d’un athlète de haut niveau, moi, valide, je suis un handicapé. A côté d’un peintre ou d’un sculpteur, combien sont d’entre nous sont des handicapés. A côté d’un écrivain, combien vivent très mal leur incapacité à rédiger un texte qui exprime, ne serait-ce que clairement, leur pensée ou leur démarche etc… Deuxième limite, celle de notre capacité à affronter la douleur, la vie transformée, la mobilité réduite etc… C’est, là, un questionnement douloureux et sans réponse avant que l’expérience ne tranche. C’est une angoisse pour chacun, devant une vie dont nul ne sait ce qu’elle lui réserve, notamment à l’âge de la vieillesse. Troisième limite, celle de nos capacités à vivre le handicap d’un proche. Dans cette problématique, notre public devient très vaste. Avec le vieillissement nous découvrons les handicaps de nos proches, y compris le handicap mental avec la maladie d’Helzeïmer devenue grande cause nationale. 

  Le handicap pose à chacun, également, la question de son rapport à l’autre, de son égoïsme, de ses aptitudes à faire face à une situation nouvelle etc… Il y a une gêne dans le rapport aux handicaps et elle est peut-être d’autant plus forte et dévastatrice que le sujet veut bien faire, mais qu’il agit à partir d’un rapport, à lui-même et à l’autre, instable ou tout simplement erroné.   Le handicap, enfin, et nous sommes, là, vraiment dans la philosophie, pose à chacun la question de son identité humaine et du sens de la vie. Le handicap agit comme l’élément d’un raisonnement aux limites. Y-aurait-il deux humanités ?L’une handicapée et l’autre valide ? Au contraire, y-a-t-il un continuum d’humains plus ou moins aptes à certains actes physiques et intellectuels ? De même, quel sens cette vie a-t-elle ? A partir de quand pourrait-elle perdre son sens ou change-t-elle ? Ce qui me semble insurmontable dans ma vie, qu’est-ce à côté d’un handicap lourd et pourtant surmonté ?   C’est, dans le mouvement de ces idées, que le magazine trouve les deux éléments clefs un succès possible : - unifier dans un même public, handicapés et valides, - intéresser, pour lui-même, le public valide.   Concernant le public valide, la question est bien, en effet, celle-ci : l’intéresser aussi, l’intéresser d’abord, pour des raisons qui lui soient propres, voir parfaitement égoïstes.   4. La télévision est un spectacle Une deuxième piste dans la recherche de l’audience de « Concordances » auprès des valides renvoie aux règles générales du spectacle télévisuel et dans cette phrase tous les mots ont été voulus, notamment celui de « spectacle télévisuel ».   Il faut donner à voir des belles images, des images d’ailleurs, des histoires passionnantes, émouvantes, enivrantes. « Concordances » l’a bien senti en se refusant à être la tribune des plaintes et des revendications, et chacune de ses rubriques, revendique sa légitimité de « moment de télévision » à part entière et devrait pouvoir être diffusé isolément dans n’importe quel autre espace de programmation.   

Dans l’idéal, c’est seulement le regroupement systématique de ces séquences dans un magazine qui font que ce magazine est un magazine spécialisé sur le handicap. Ce n’est pas le fait que le sujet soit destiné à un magazine sur le handicap qui lui donne sa légitimité télévisuelle.   Cela va bien au-delà du fait que chaque partie du magazine doive être de qualité. Chaque sujet du magazine est  pensé « tout public » et peut se justifier comme ayant une vocation « tout public ».  Le magazine garde sa singularité du fait qu’il ne réunit que des séquences « tout public » traitant du handicap ou ayant rapport avec lui, mais les sujets en eux-mêmes doivent être sélectionnés et traités de manière à se conformer aux attentes du public le plus vaste. Bien trop peu souvent, la fiction par exemple, met en scène des héros handicapés (sauf dans les séries américaines comme « L’homme de fer ») et trop peu souvent –voir jamais – les rubriques « Forme et santé » ne parlent des handicapés, trop peu souvent l’exploit sportif de l’athlète handicapé est pris en compte, etc… Notre magazine, lui a cette préoccupation systématique de favoriser, dans ces choix, des sujets mettant en jeu le handicap ou les handicapés. Et c’est là son unique spécificité. Ainsi, notre recherche de sujets ne doit pas partir du handicap. Notre recherche de sujets se fait sur tout les domaines des rubriques habituelles d’un magazine généraliste : - santé - travail - sport - aventure - voyage  - histoire -         etc… et nous cherchons un traitement qui mette en scène un handicapé, mais, cet aspect n’est que l’angle journalistique choisi, même s’il peut s’avérer être irremplaçable, comme on l’a vu à propos du débat philosophique.   Cette réflexion intervient comme une préoccupation constante, comme une rigueur de travail, comme un effort permanent pour échapper au ghetto.   Elle conduit aussi à privilégier certains types de sujets, notamment ceux qui donnent à voir, qui font voyager, qui porte de l’enthousiasme, de l’extraordinaire, de l’aventure, de l’émotion.  Que pensez-vous de ces idées directrices de notre magazine « Concordances » ?   

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« Concordances » 

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Quelques réflexions sur le magazine   « Concordances»     1. La crainte d’un ghetto de plus Notre projet est de changer de regard sur le handicap. Il ne peut être seulement question de changer le regard des valides sur les handicapés ou le regard des handicapés sur eux-mêmes, même si ce dernier aspect est certainement important : - fierté de soi - volonté de vivre - volonté de vivre avec les autres - s’envisager dans le temps - etc… autant d’exemples dans lesquels le regard sur soi peut évoluer. Il reste que nous voulons aussi faire évoluer le regard des valides sur le handicap et les handicapés. Nous avons donc voulu que le magazine ne soit pas un espace télévisuel pour les handicapés, mais bien un magazine tous publics, autour du handicap.   Il est clair que même si les objectifs d’audience doivent demeurer raisonnable, le magazine doit donner à voir à tous. 

Dans une autre hypothèse, notre magazine courrait le risque d’être, pour les handicapés, un ghetto de plus.     2. A propos a vérité  Il apparaît qu’une réflexion sur le rapport à la vérité dans toutes ses dimensions et toute son apprêté est essentielle et qu’elle porte, en elle, le succès ou l’échec de notre entreprise. Pour autant, sa difficulté ne réside pas que dans ses enjeux. Il est difficile de concevoir un magazine dont l’identité tient à ce qui fait l’altérité de certains et de vouloir capter l’attention de tous. Certes, autour des handicapés, il y a leurs familles, leurs amis, leurs associations et les professionnels qui les accompagnent -- et cela constitue déjà un premier public -, mais ce public-là n’est pas, a priori, celui dont on veut faire changer le regard.   Il me semble que la recherche de l’audience auprès des valides peut s’ouvrir plusieurs pistes  dont la première piste tient au questionnement général des valides par rapport au handicap et aux handicapés, même si ce questionnement s’accompagne souvent d’un recul et parfois d’un comportement d’exclusion. Nous sommes, dans un premier temps, retenus sur cette voie par un refus du voyeurisme. C’est un sentiment louable, mais qui doit plus inspirer la forme que le fond, le style que le contenu. Dorine Bourneton en faisait la réflexion, les handicapés parlent très facilement d’eux-mêmes, entre eux, mais aussi avec les valides et le magazine doit absolument, lui-aussi, se donner le courage de déchirer le voile qui fait que tout est dit quand on a dit « handicapés », alors que rien n’est su, rien n’est compris. Le handicap est une réalité humaine comme les autres. Elle peut être regardée, sans voyeurisme, dévoilée sans exhibitionnisme et expliquer sans commisération, dans un véritable partage.   3. Le handicap appelle au débat philosophique C’est là que s’impose à nous la conviction que le magazine « Concordances », par son existence même, crée un immense appelle d’air pour un discours « philosophique » au sens plein du terme -- et non au sens élitiste - : « Amour de la vie ». Comprendre, se comprendre. Le handicap pose à chacun de nous la question de ses limites :   Première limite, celle que nos capacités nous imposent : à côté d’un athlète de haut niveau, moi, valide, je suis un handicapé. A côté d’un peintre ou d’un sculpteur, combien sont d’entre nous sont des handicapés. A côté d’un écrivain, combien vivent très mal leur incapacité à rédiger un texte qui exprime, ne serait-ce que clairement, leur pensée ou leur démarche etc… Deuxième limite, celle de notre capacité à affronter la douleur, la vie transformée, la mobilité réduite etc… C’est, là, un questionnement douloureux et sans réponse avant que l’expérience ne tranche. C’est une angoisse pour chacun, devant une vie dont nul ne sait ce qu’elle lui réserve, notamment à l’âge de la vieillesse. Troisième limite, celle de nos capacités à vivre le handicap d’un proche. Dans cette problématique, notre public devient très vaste. Avec le vieillissement nous découvrons les handicaps de nos proches, y compris le handicap mental avec la maladie d’Helzeïmer devenue grande cause nationale. 

  Le handicap pose à chacun, également, la question de son rapport à l’autre, de son égoïsme, de ses aptitudes à faire face à une situation nouvelle etc… Il y a une gêne dans le rapport aux handicaps et elle est peut-être d’autant plus forte et dévastatrice que le sujet veut bien faire, mais qu’il agit à partir d’un rapport, à lui-même et à l’autre, instable ou tout simplement erroné.   Le handicap, enfin, et nous sommes, là, vraiment dans la philosophie, pose à chacun la question de son identité humaine et du sens de la vie. Le handicap agit comme l’élément d’un raisonnement aux limites. Y-aurait-il deux humanités ?L’une handicapée et l’autre valide ? Au contraire, y-a-t-il un continuum d’humains plus ou moins aptes à certains actes physiques et intellectuels ? De même, quel sens cette vie a-t-elle ? A partir de quand pourrait-elle perdre son sens ou change-t-elle ? Ce qui me semble insurmontable dans ma vie, qu’est-ce à côté d’un handicap lourd et pourtant surmonté ?   C’est, dans le mouvement de ces idées, que le magazine trouve les deux éléments clefs un succès possible : - unifier dans un même public, handicapés et valides, - intéresser, pour lui-même, le public valide.   Concernant le public valide, la question est bien, en effet, celle-ci : l’intéresser aussi, l’intéresser d’abord, pour des raisons qui lui soient propres, voir parfaitement égoïstes.   4. La télévision est un spectacle Une deuxième piste dans la recherche de l’audience de « Concordances » auprès des valides renvoie aux règles générales du spectacle télévisuel et dans cette phrase tous les mots ont été voulus, notamment celui de « spectacle télévisuel ».   Il faut donner à voir des belles images, des images d’ailleurs, des histoires passionnantes, émouvantes, enivrantes. « Concordances » l’a bien senti en se refusant à être la tribune des plaintes et des revendications, et chacune de ses rubriques, revendique sa légitimité de « moment de télévision » à part entière et devrait pouvoir être diffusé isolément dans n’importe quel autre espace de programmation.   

Dans l’idéal, c’est seulement le regroupement systématique de ces séquences dans un magazine qui font que ce magazine est un magazine spécialisé sur le handicap. Ce n’est pas le fait que le sujet soit destiné à un magazine sur le handicap qui lui donne sa légitimité télévisuelle.   Cela va bien au-delà du fait que chaque partie du magazine doive être de qualité. Chaque sujet du magazine est  pensé « tout public » et peut se justifier comme ayant une vocation « tout public ».  Le magazine garde sa singularité du fait qu’il ne réunit que des séquences « tout public » traitant du handicap ou ayant rapport avec lui, mais les sujets en eux-mêmes doivent être sélectionnés et traités de manière à se conformer aux attentes du public le plus vaste. Bien trop peu souvent, la fiction par exemple, met en scène des héros handicapés (sauf dans les séries américaines comme « L’homme de fer ») et trop peu souvent –voir jamais – les rubriques « Forme et santé » ne parlent des handicapés, trop peu souvent l’exploit sportif de l’athlète handicapé est pris en compte, etc… Notre magazine, lui a cette préoccupation systématique de favoriser, dans ces choix, des sujets mettant en jeu le handicap ou les handicapés. Et c’est là son unique spécificité. Ainsi, notre recherche de sujets ne doit pas partir du handicap. Notre recherche de sujets se fait sur tout les domaines des rubriques habituelles d’un magazine généraliste : - santé - travail - sport - aventure - voyage  - histoire -         etc… et nous cherchons un traitement qui mette en scène un handicapé, mais, cet aspect n’est que l’angle journalistique choisi, même s’il peut s’avérer être irremplaçable, comme on l’a vu à propos du débat philosophique.   Cette réflexion intervient comme une préoccupation constante, comme une rigueur de travail, comme un effort permanent pour échapper au ghetto.   Elle conduit aussi à privilégier certains types de sujets, notamment ceux qui donnent à voir, qui font voyager, qui porte de l’enthousiasme, de l’extraordinaire, de l’aventure, de l’émotion.  Que pensez-vous de ces idées directrices de notre magazine « Concordances » ?   

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       Pour commander le DVD de 39 minutes de trois émissions de « Concordances » Revoyez le bon de commande suivant avec un chèque de 25€  frais de port compris.   

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